Focus On #2 : Dominique Wilkins, le joueur le plus sous-coté de l’histoire?

  • par

Aujourd’hui dans le second épisode de la série Focus On, on s’intéresse à un joueur de légende, souvent oublié ou sous côté, mais qui a marqué son époque. On parlera bien entendu de Dominique Wilkins.

Car oui, quand on parle de Wilkins, on évoque ses dunks incroyables, les concours de dunks contre Jordan, on le décrit surtout comme un voltigeur des parquets. Mais Dominique Wilkins c’était bien plus que ça. Citoyen américain mais né à Paris, le 12 Janvier 1960 car son père travaillait pour l’armée américaine en France, l’homme que l’on surnommait “The Human Highlight” fut un vrai gentleman sur le terrain.
Ailier de 2m03 pour 97kg, c’est en Caroline du Nord dans le lycée de la ville de Washington que Dominique commence son parcours universitaire. En 1979, il intègre l’université de Géorgie où il poursuivra son cursus pendant 3 ans, avoisinant les 21 points de moyenne durant son passage en Géorgie, il portera fièrement les couleurs des Bulldogs de Georgia. C’est donc en 1982 que Dominique Wilkins se présenta à la draft NBA, où il était attendu haut vu son niveau de jeu affiché à l’université. Ce sera donc le Jazz de Utah qui le sélectionnera en 3ème position, mais malheureusement pour eux, ils ne verront jamais Wilkins porter leur maillot. Et oui, dû a un conflit entre le joueur qui n’était pas heureux à l’idée de jouer chez les mormons et le staff du Jazz qui voulait le faire jouer Ailier-Fort, un poste pas du tout adapté aux qualités de Dominique pour l’époque. Wilkins refusa donc de signer son contrat et Utah fut obligé de trouver une solution, c’est là que les Hawks d’Atlanta vont intervenir et réaliser le transfert le plus important de leur histoire. En lâchant John Drew, Freeman Williams et du cash, la franchise de Géorgie va récupérer sans le savoir l’un des ( si ce n’est le) meilleurs joueurs de son histoire.

Avec son légendaire numéro 21 sur le maillot rouge d’Atlanta, Dominique Wilkins aura marqué à vie chaque habitant de Géorgie pendant les 12 années qu’il a passé là-bas. Car en plus d’être un joueur très spectaculaire, Wilkins était avant tout un scoreur né, le meilleur de l’histoire des Hawks avec 23 292 points marqués de 1982 à 1994. Dès ses premières apparitions, chacun compris quel genre de joueur était Wilkins et quel genre de bonne affaire ils venaient de réaliser. Présent dans la All-Rookie Team en 1983 avec déjà 17 points de moyenne, la machine était lancée. Durant son passage en Géorgie, Dominique sera 9 fois All-Star à l’Est à côté de joueurs comme Larry Bird et Michael Jordan, entre autres. 7 Fois All-NBA, Wilkins va tourner à 26 points de moyenne sous le blazon des Hawks avec en point d’orgue 2 saisons à plus de 30 points de moyenne, 1986 où il recevra le titre de meilleur scoreur de la ligue avec 30,3 points. Puis en 1988, où il battra même son ancien record avec 30,7 points de moyenne mais fera face à un Michael Jordan, expert dans le domaine, qui lui dérobera ce titre.

 

Sinon, pendant ces 12 ans, Wilkins aura aussi fait le show sur les parquets de NBA. Des dunks dans tous les sens, des acrobaties qui ont fait de lui un attaquant hors pair, si Dominique Wilkins jouait à l’heure actuelle, il enflammerait Twitter tous les soirs et serait dans tous les Top 10 de la NBA. Il lui arrivait même de faire de l’ombre à Michael Jordan sur le côté spectaculaire, surtout lors des concours de dunks du All-Star Weekend. Vainqueur en 1985 et 1990 de ce concours, il fut aussi présent lors du concours en 1988 contre Michael Jordan, considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire tellement le duel entre ces 2 artistes volants était tendu et irrespirable. Jordan finira par le gagner et certains considèrent encore cela immérité pour Wilkins dû au fait que le All-Star Weekend se déroulait à Chicago et donc que Jojo avait eu un arbitrage maison. Enfin bref, individuellement Dominique Wilkins était un joueur incroyable, respecté par ses pairs, le fait qu’il soit donc peu connu par le grand public paraît donc bizarre. Mais cela s’explique vite par le fait d’abord que les Hawks ne soient pas une franchise réputée comme les Lakers ou les Celtics à la même époque, mais surtout car les Hawks de Wilkins n’ont jamais rien gagné. Et oui, c’est souvent le facteur de la popularité en sport : gagner, ce que Dominique n’a donc jamais réussi à faire en NBA, que ce soit car il était peu accompagné mais aussi car il a dû affronter sur sa route des équipes mythiques comme les Celtics de Bird ou les Bad Boys de Détroit. Et même en réussissant de très belles saisons régulières pendant plusieurs années consécutives, la bande à Wilkins n’aura jamais pu dépasser les demis-finales de conférence, se cassant les dents à chaque fois sur plus fort qu’eux.

Dominique Wilkins quittera donc Atlanta en 1994 et verra quelques années plus tard son numéro 21 retiré par les Hawks, une belle reconnaissance pour celui qui aura mis la lumière sur une franchise peu considérée. Il passera donc 1 an chez les Clippers puis chez les Celtics, des expériences peu convaincantes qui lui donneront une envie d’ailleurs. Pour se relancer à l’âge de 35 ans, il ira donc signer en Grèce au Panathinaïkos, où il atteindra le Final Four de l’Euro League qui se déroulait cette année-là à Paris, belle coïncidence. Le Pana remportera l’Euro League et Dominique sera élu MVP du tournoi, comme quoi même à 36 ans quand on est un grand joueur ça se voit. Après cette très belle expérience, il retournera en NBA pour finir sa carrière avec un passage chez les Spurs de San Antonio ainsi qu’au Magic d’Orlando. Hasard ou non c’est avec son petit frère Gerald Wilkins qu’il finira sa carrière au Magic, les Wilkins une famille très douée au basket puisque Damien le neveu de Dominique ainsi que Isaiah le beau-fils, ont aussi joué en NBA. Une médaille d’or en 1994 avec les États-Unis aux championnats du monde viendra alimenter son armoire à trophées un peu vide.

Dominique Wilkins aura donc eu une carrière à l’image de sa vie : spéciale, avec 26 668 points inscrits tout au long de sa carrière NBA, il se positionne 13ème dans le classement des joueurs les plus prolifiques de l’histoire. Il est par exemple devant Tim Duncan, Kevin Garnett, Paul Pierce, bref tous ces joueurs bien plus connus que lui. Intronisé au Hall of Fame en 2006, rêve de tout jeune basketteur, on peut donc être sûr qu’il restera une trace du basketteur Wilkins. Aujourd’hui, Dominique Wilkins continue de faire partie de la ligue, il occupe même un poste chez les Atlanta Hawks comme chargé des opérations basket, une reconversion plus que méritée pour ce joueur qui en aura fait vibrer plus d’un.

Ayons donc le souvenir d’un dunker fou, d’un scoreur inarêtable et surtout n’oublions jamais tout ce qu’à apporté Monsieur Dominique Wilkins au basket.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
25 + 9 =