J’dis ça, j’dis rien… Le billet d’un fan Lambda #4

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Hommage à Rahan, GOAT de mon 5 majeur…

 

Comme le fils de Craô le sage, je suis tombé dans la NBA au temps des âges farouches, à l’ère de Big men en guise de dinosaures et de raquettes aussi impénétrables que les jungles profondes… La NBA de la seconde moitié des 80’ donc !

Jusque-là, je ne connaissais pas grand-chose du basket de haut niveau vu que j’avais jamais dépassé le statut de remplaçant du remplaçant du meneur titulaire dans la section AS basket de mon lycée de banlieue parisienne. Bon, ça m’a quand même permis de visiter l’Essonne, et c’est pas donné à tout le monde de situer sur une carte Savigny sur Orge, Massy-Palaiseau ou Evry-Courcouronnes !

J’avais bien entendu parler (merci Stade2) d’Alain Gilles et de l’ASVEL ou encore de Dubuisson et du Mans (et même de son passage en Summer League NBA avec les Nets) et puis surtout de Richard Dacoury et du CSP Limoges.

Car, j’dis ça, j’dis rien, mais ce sont bien eux qui ont apporté à la France sa première coupe des champions européens en sport co (sans parler des Korać et autre Coupe des coupes), le 15 avril 1993, et ce, bien avant l’OM (enfin 45 jours avant pour être tout à fait honnête…).

Et puis, le CSP du grand Božidar Maljković, le Limoges des Michael Young, Jimmy Vérove, Jim Bilba et autre Frédéric Forte sous oublier Willie Redden, avait pas fait les choses à moitié en sortant successivement l’Olympiakós d’un certain Žarko Paspalj (si, si, celui qui s’en revenait tout juste des Spurs), le Real Madrid d’un certain Arvydas Sabonis (oui, oui, l’inoubliable pivot des Blazers), et le Benetton Trevise d’un certain Toni Kukoč (là, no comment), excuse du peu…

Mais bon, quand dans le même temps, Jojo and Co décrochaient le Three-peat, le tout sublimé par Eric Besnard et Mister George, duo « canalplussien » de légende de nos nuits « playoffiennes » sans sommeil, je dois bien t’avouer que quand je pense 5 majeur, je pense exclusivement NBA.

5 majeur donc…

A ma connaissance, le basket est le plus petit des sport co, j’veux dire, c’est au basket qu’il y a le moins de joueurs sur le terrain.

 

Et ça n’a pas toujours été le cas : le bon professeur Naismith, au cœur de l’hiver 1891, a commencé par mettre 9 joueurs sur le terrain, avant de codifier tout ça et se contenter de cinq gaillards pour mettre la balle au fond du panier (de pêches…).

Et encore avant cela, on ne sait même pas trop combien il y avait de bonhommes sur les terres Mayas du Pok’ol pok, ancestral jeux de balle mésoaméricain, dont ce serait inspiré notre génial inventeur.

Seul et unique sport co se jouant à 5 donc, mais qui ouvre à d’infinis débats sur le quintette idéal.

Idéal, c’est bien le mot puisque, à moi, ce chiffre me parle d’abord des doigts d’une main, archétype anatomique d’une équipe tout à la fois solidaire et créatrice : imaginons un peu le pouce érigé en mode Big men : « je gère, je m’impose, vous pouvez compter sur moi », suivi d’un index, celui qui fait tout bien, un fidèle lieutenant all-around-player, un genre de couteau suisse, un bricoleur de génie qui saurait manier tous les outils, de la défense au scoring. Pour ce qui est du majeur, j’en fais mon franchise player : un leader, trash-talker de préférence, dont l’insolence frise l’insulte et qui imposerait le respect à grand coup d’égo surdimensionné. Faisons de l’annulaire un role-player, modeste mais opportuniste, du genre à enquiller les bagues en toute discrétion sans faire d’ombre à personne, pour finir avec notre auriculaire, le meneur petit format qui flaire tout avant tout le monde, avec une classe naturelle un brin bourgeoise (ou en mode gangstarap, c’est selon, qu’on le dresse en solo ou combiné avec le pouce voire l’index), le tout à l’opposé du pouce pour nous rappeler l’axe fondateur meneur-pivot…

Ce chiffre nous dit aussi que nous avons autant de sens, tous indispensables et qui réunis mène au graal : passons rapidement sur les évidences que sont le toucher (de balle), la vue (vision et lecture du jeu) et l’ouïe (écoute des consignes, communication avec partenaires), mais n’oublions pas le goût (de la victoire) ni l’odorat, qui nous fait détester l’odeur de la lose.

Le 5, il nous rappelle aussi que Leonardo Da Vinci a inscrit les divines proportions de son Homme de Vitruve dans un pentagramme (tu me diras que ça vaut pour tous les athlètes, hommes et femmes réunis, mais bon, le logo d’une Air Jordan, si c’est pas « vitruvien »…), que l’ésotérisme nous raconte que l’union et l’harmonie sont le fruit de la rencontre entre la dualité humaine et la trinité céleste (ah, la défense de zone en 2+3), que les architectes, francs-maçons et autres alchimistes n’ont de cesse de le sublimer lorsque les premiers l’associent à la perfection pyramidale, les seconds à l’âge du compagnon ayant accompli ses cinq voyages initiatiques , les derniers à l’idée de quintessence (soit les 4 éléments + l’éther au centre de tout et qui assure la cohésion de l’ensemble).

Allez, je termine cette ode au 5 en évoquant la numérologie classique : le 5 serait le chiffre de la mobilité, de la liberté, du dynamisme et de l’adaptabilité… J’dis ça, j’dis rien (bis) et t’est pas obligé de me croire ! Mais ça parle quand même un peu à ton cerveau connecté sur un Spalding, non ?

Bon, là, soit je t’ai perdu, soit tu te dis que, décidemment, tu aimes un sport pas banal… Alors, beaucoup d’analogies pour pas grand-chose ou bienfait de la culture et du génie humain lorsqu’il associe ses destinées ?

Mais alors, pourquoi Rahan ?

Ben, pour vous parler de mon cinq majeur perso, bien sûr !

Rahan, héros préhistorique et « vitruvien » de ma prime jeunesse bercée par Pif gadget (aventures créées par Roger Lecureux et André Chéret, compilées par l’excellent éditeur Soleil productions, et dont je te conseille la lecture, si ce n’est déjà fait), est « un-homme-qui-marche-debout », fils adoptif de Craô le sage et qui assume une « legacy » symbolisée par son collier de griffes (de gorak).

Les 5 griffes de son collier, son « collier des vertus », sont autant de qualités humaines, autant de qualités pour triompher des peurs et sublimer les faiblesses, surmonter les défis et vaincre les périls : sagesse, loyauté, courage, ténacité et générosité.

Et je n’ai rien trouvé de mieux pour vous livrer les cinq joueurs que j’associe à ces qualités : Hakeem Olajuwon pour la sagesse, Tim Duncan pour la loyauté, Lebron James pour le courage, Michael Jordan pour la ténacité et Ervin « Magic » Johnson pour la générosité.

Ici, pas de débat sur le GOAT, t’auras compris que selon moi, il n’existe pas, juste une confession en forme de reconnaissance pour cinq joueurs qui m’ont inspiré – ou qui m’inspire encore pour l’un deux…

Je partagerai bientôt avec toi les raisons de ce choix, la première d’entre elle étant liée au fait que je les ai vu jouer, contrairement à de glorieux anciens qui n’ont d’autre défaut que d’avoir échappé à mon vécu émotionnel en live.

Mais définitivement, j’adore l’idée de ce cinq majeur, que ce soit en forme de cinq vertus cardinales d’un héros rêvé et universel, un d’un roster que je rêvais d’intégrer au sein de ma team lycéenne de quartier…

 

Sur ce, je dois te laisser pour aller suivre un nouvel épisode des Finals Heat/Lakers… Au hasard, le game five…

 

PS : l’abus de silence est dangereux pour la santé, postez sans modération !

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